Le Pérou lance un appel d’offres pour exploiter l’épine dorsale nationale de la fibre optique du pays

En mars dernier, Pronatel avait annoncé le lancement d’un appel d’offres pour l’exploitation et la maintenance de la dorsale nationale de fibre optique du Pérou, le Réseau Dorsal National de Fibre Optique (RDNFO), à la suite de l’annulation du contrat avec son ancien opérateur, le Mexicain Azteca Communications.

 

Le RDNFO s’étend sur environ 13 600 km dans tout le pays, reliant 180 des capitales provinciales du Pérou et se connectant à 21 projets régionaux à large bande…

En mars dernier, Pronatel avait annoncé le lancement d’un appel d’offres pour l’exploitation et la maintenance de la dorsale nationale de fibre optique du Pérou, le Réseau Dorsal National de Fibre Optique (RDNFO), à la suite de l’annulation du contrat avec son ancien opérateur, le Mexicain Azteca Communications.

Le RDNFO s’étend sur environ 13 600 km dans tout le pays, reliant 180 des capitales provinciales du Pérou et se connectant à 21 projets régionaux à large bande.

Azteca avait d’abord remporté le contrat de 20 ans pour la construction et l’exploitation du RDNFO dans le cadre d’un partenariat public-privé d’une valeur de 333 millions de dollars en 2014. Le réseau prévu avait été entièrement déployé en 2018, mais à ce moment-là, les principaux problèmes du projet devenaient déjà apparents.

À la mi-2017, des rapports avaient suggéré que le RDNFO était extrêmement sous-performant, avec des taux d’utilisation bien inférieurs aux attentes. Des enquêtes supplémentaires qui ont suivi ont révélé que le prix du projet n’était pas compétitif et que les opérateurs avaient plutôt installé leurs propres réseaux, limitant ainsi la demande et augmentant la concurrence pour les contrats restants.

Lorsqu’il s’est agi de remédier à ces problèmes, le gouvernement est rapidement entré en conflit avec Azteca sur le meilleur plan d’action en raison de complications de tarification liées à la loi sur la large bande de 2012. Bien que ce goulot d’étranglement juridique ait été résolu en 2019, la situation concernant l’utilisation du réseau ne s’est pas améliorée, ce qui a conduit Azteca à se retirer et à céder la gestion du réseau à Pronatel en 2020.

Depuis lors, l’utilisation du réseau est restée un énorme défi, les recherches de 2021 montrant que seulement 3,2% du réseau du RDNFO était utilisé.

Pronatel n’est autorisé à exploiter le réseau que pendant trois ans, c’est pourquoi en mars de cette année, le régulateur a lancé un appel d’offres pour trouver un nouveau propriétaire pour le RDNFO.

Au départ, cette opportunité a attiré beaucoup d’attention, 14 parties différentes ayant exprimé leur intérêt à participer au processus d’appel d’offres. Au final, cependant, seuls trois ont présenté des offres à Pronatel: Viettel, qui opère au Pérou sous le nom de Bitel, et deux consortiums, Dorsal Perú et Fibra Optica del Perú.

Dorsal Perú est apparemment une joint-venture de Gilat Networks et Optical Networks, tandis que Fibra Optica del Perú comprend diverses sociétés liées au satellite.

Aujourd’hui, Pronatel a annoncé que les trois soumissionnaires avaient échoué, notant qu’ils n’avaient pas chacun respecté les termes de référence du processus d’appel d’offres. En conséquence, le processus d’appel d’offres a été mis de côté, sans indication claire du moment où il reprendra ou s’il reprendra à l’avenir.

Que les trois parties ne parviennent pas à présenter une offre viable est surprenant, mais Pronatel a de bonnes raisons d’être particulièrement diligent.

En février, le ministre des Transports et des Communications de l’époque, Juan Silva, a démissionné à la suite d’accusations de corruption, notamment d’avoir accepté des pots-de-vin et exercé une influence indue sur les appels d’offres publics. L’un de ces appels d’offres a été celui du RDNFO, avec des messages WhatsApp de Silva récemment révélés montrant le ministre pressant Pronatel d’attribuer le contrat à Gilat–Optical.

En conséquence, le processus d’appel d’offres de RDNFO fait maintenant l’objet d’un examen plus minutieux que jamais, ce qui signifie que Pronatel doit être doublement prudent dans ses prochaines étapes.

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Soline Bertin